1613 à 1651, Statuts Synodaux de l'évêché de Léon

C etexte est extrait des Statuts Synodaux de l'évêché de Léon (de 1613 à 1651) publié dans le Bulletin diocésain d'Histoire et d'Archéologie de 1915, diocèse de Quimper et de Léon, p. 259-260.

Ce texte démontre que la lutte était pratiquée dans le Léon.

Note supplémentaire hors de la référence : ce texte montre aussi que l'Eglise souhaitait interdire ces pratiques de lutte, qui l'étaient par les religieux mêmes. On a ici l'une des hypothèses des facteurs qui ont conduit à la disparition du gouren à proximité des centres religieux. Au XVIIième siècle, la contre réforme religieuse vise à reprendre en main les populations et les diriger vers les églises catholiques. Tous les jeux populaires, concurrents d'une dévotion religieuse catholique, sont alors fortement attaqués par les pouvoirs religieux, qui doivent lutter au sein même de leurs institutions.

La retranscription

Quid enim turpius quam clericos imperitae plebeculae spectaculo esse ad jocos, risus, ludibria, et cul obnitentibus brachiis, moleque ipsa exudantis corporis obluctante vires suas luclando tentant, nunc pendere in aerea, nunc cum delecore, notaque, resupino corpore in frigido jacere solo ? Aut quid  periculo proprius quam premi, trahi, rapi, distrahi, quocumque colluctantis furor inclinat, eo indecore et ferri et impelli ?

La traduction

qu'y a-t-il (en effet) de plus honteux pour des clercs que de se donner en spectacle à une populace ignorante pour en récolter plaisanteries, rires, outrages même, quand à la force des bras et par la masse même de leurs corps ruisselant de sueur, ils éprouvent leurs forces tantôt suspendus en l'air, tantôt marqués d'une honte infamente gisant à terre le corps étendu sur le sol froid ?

Ou encore qu'y a-t-il de plus dangereux que d'être renversé, traîné, enlevé, tiré en tous les sens selon la folie furieuse des lutteurs et d'y être porté et bousculé d'une manière qui ne convient pas ?